« On me propose un contrat de franchise, mais je ne sais pas s’il est vraiment conforme. »
C’est une phrase que j’entends très souvent en rendez-vous, côté candidat franchisé.
Côté futur franchiseur, la tentation est grande de développer rapidement son activité via des franchises, synonyme de réussite commerciale.
La franchise est souvent perçue comme une formule clé en main, rassurante et encadrée. En pratique, c’est surtout un montage juridique exigeant, où le contrat joue un rôle central dans la valeur du réseau.
La confusion est fréquente : franchise, licence de marque, concession, partenariat… Les termes sont utilisés indifféremment, alors que les enjeux juridiques et économiques sont très différents.
Autre erreur courante : sous-estimer les questions de propriété intellectuelle, de savoir-faire, d’outils digitaux ou de données. Ce sont pourtant ces éléments qui font la solidité – ou la fragilité – d’un réseau.
👉 L’objectif de cet article est de vous donner une lecture claire, structurée et concrète du contrat de franchise, pour comprendre les règles, identifier les risques et savoir quoi vérifier avant d’agir.
La franchise est un mode de développement commercial par lequel une entreprise (le franchiseur) permet à une autre (le franchisé) de reproduire un concept éprouvé, sous une même enseigne. C’est un système organisé, qui suppose méthode, contrôle et cohérence.
Concrètement, le franchiseur met à disposition :
Le franchisé, lui, exploite ce concept de manière juridiquement indépendante, mais en respectant les règles du réseau.
En pratique, c’est la logique du « copier sans improviser » : on ne réinvente pas le modèle, on l’applique.
👉 Réflexe utile : si le concept repose uniquement sur une notoriété ou une idée générale, ce n’est probablement pas une franchise juridiquement solide.
La franchise repose sur trois piliers indissociables :
L’absence de l’un de ces éléments peut conduire à une requalification du contrat, par exemple en simple licence de marque ou en contrat de distribution, avec des conséquences importantes sur les droits et obligations des parties.
En effet, ne peuvent valablement être considérés comme franchise, un réseau dans lequel :
En réalité, ce sont les éléments concrets qui comptent, pas l’intitulé du contrat.
👉 Réflexe utile : se demander ce qui serait réellement transmis si le contrat était exécuté demain.
La franchise est souvent confondue avec d’autres modèles tel que le contrat de licence de marque, le contrat de concession commerciale ou la succursale.
La licence de marque consiste, pour le titulaire d’une marque à accorder à licencié le droit d'utiliser sa marque sous différentes conditions, totalement ou partiellement en contrepartie du paiement de redevances.
La concession est un contrat par lequel un concessionnaire, met son entreprise au service d’un commerçant ou industriel appelé le concédant, afin d’assurer la distribution de produits.
Le partenariat commercial est une coopération souple, sans uniformisation forte.
Il est intéressant de s’interroger sur le modèle de contrat le plus adapté avant d’envisager la conclusion d’un contrat de franchise :
👉 Réflexe utile : ne pas s’arrêter à l’intitulé d’un contrat et analyser le détail du contrat de franchise.
Il n’existe pas, en droit français, de code de la franchise. Le régime s’est construit par la pratique et la jurisprudence.
Cela signifie que le contrat est libre dans sa forme, mais très surveillé sur son équilibre et sa loyauté. Ce flou apparent impose une grande rigueur dans la rédaction.
Le contrat de franchise mobilise plusieurs branches du droit :
Cela inclut notamment :
En pratique, un oubli sur l’un de ces aspects peut fragiliser tout l’édifice.
👉 Réflexe utile : raisonner en écosystème, pas clause par clause isolée.
Le cadre réglementaire spécifique de la franchise résulte principalement de l’obligation d’information précontractuelle prévue par l’article L. 330-3 du Code de commerce, complété par les articles R. 330-1 et suivants.
Avant toute signature, le franchiseur doit remettre un Document d’Information Précontractuelle (DIP) au moins 20 jours à l’avance.
Son objectif est simple : permettre un consentement éclairé.
En pratique, les difficultés portent souvent sur :
Conséquence : un DIP incomplet ou trompeur peut entraîner la nullité du contrat ou des dommages-intérêts.
👉 Réflexe utile : lire le DIP comme un document d’aide à la décision, pas comme une formalité.
La franchise repose sur une identité commune :
En pratique, il n’est pas rare d’observer des réseaux de franchise dans lesquels la marque est en cours de dépôt ou le franchiseur n’est pas titulaire de sa propre marque, ce qui empêche la sécurisation du réseau.
👉 Réflexe utile : vérifier la titularité et le périmètre de protection (INPI, EUIPO).
Le savoir-faire doit être :
Il est généralement contenu dans un manuel opératoire. En pratique, un savoir-faire uniquement oral est très difficile à défendre.
👉 Réflexe utile : s’interroger ou demander comment le savoir-faire est documenté et mis à jour.
La franchise ne s’arrête pas à la signature. Les prestations d’assistance attendues par un franchiseur sont notamment les suivantes :
Sans assistance réelle, la relation se vide de sa substance.
👉 Réflexe utile : vérifier la réalité des moyens humains et outils prévus pour cette obligation d’assistance.
Le contrat doit identifier précisément les parties et décrire clairement le concept.
Une description floue est souvent source de litiges.
Cette partie est stratégique :
En pratique, les questions IT et data sont souvent sous-traitées… puis deviennent centrales.
👉 Réflexe utile : vérifier qui contrôle les outils et les données, ce qui peut être d’une importance majeure en cas de difficultés d’exécution du contrat de franchise.
La durée doit être cohérente avec différents facteurs tels que l’ancienneté du réseau ou les investissements demandés.
L’exclusivité territoriale, quand elle existe, est rarement absolue.
👉 Réflexe utile : identifier clairement les exceptions prévues.
On retrouve généralement :
👉 Réflexe utile : distinguer ce qui est dû quoi qu’il arrive de ce qui dépend de l’activité réelle.
Le contrat doit équilibrer :
Un déséquilibre excessif est un signal d’alerte.
En pratique, les difficultés relatives aux contrats de franchise résultent d’erreurs :
· liées à la méconnaissance du droit : absence de véritable savoir-faire, marque mal protégée.
Ces erreurs peuvent fragiliser le contrat de franchise, dans sa validité intrinsèque ou dans son exécution. Les risques peuvent être notamment les suivants :
Afin de sécuriser le contrant de franchise et son exécution au fil des années, certaines bonnes pratiques peuvent être mises en places tant côté franchiseur que côté franchisé :
Un avocat apporte une vision transversale : IP, contrats, concurrence et modèle économique.
Se faire assister par un avocat dans le cadre d’une démarche d’entrée en franchise permet d’identifier les difficultés juridiques potentielles et identifier de risques futurs de contentieux, ce qui est généralement moins évident pour un non-juriste.
Le cabinet vous propose une analyse :
Le contrat de franchise est bien plus qu’un simple contrat commercial. C’est un outil structurant, qui conditionne la solidité juridique et la valeur économique du réseau.
Anticiper, vérifier et comprendre en amont permet d’éviter de réparer en contentieux.
Avant de signer ou de développer un réseau, la bonne question n’est pas :
« Est-ce que ça va marcher ? » mais plutôt : « Est-ce que le cadre juridique est suffisamment solide pour durer ? »
C’est à ce moment-là que la franchise devient un véritable levier de croissance.
👉 En matière de franchise, l’anticipation juridique reste le meilleur outil de décision.
Pour toute question relative à la conclusion, à l’exécution ou à la cessation d’un contrat de franchise, le cabinet se tient à votre disposition pour vous accompagner et sécuriser votre projet.